european libraries fight Google-ization

Des rumeurs flottaient dans les travées des bibliothèques depuis quelque temps. C’est maintenant officiel. Comme le signale cet article de /. , l’Europe lance son propre projet de digitalisation en réponse à celui de Google. L’instigateur du projet est Jean-Noel Jeanneney, le directeur de la BNF.
C’est amusant, le mois passé j’ai rédigé un texte sur le sujet dans le cadre d’un examen de recrutement pour un poste de direction de bibliothèque à Forest. Je préconisais la mise en place d’une structure standardisée, mais à plusieurs niveaux : l’Europe soutiendrait l’achat des scanners et l’infrastructure de serveurs centralisés. Le travail serait réalisé au niveau local et le résultat de la digitalisation devrait être accessible dans les bibliothèques et sur leurs sites web. L’ensemble des textes digitalisés serait disponible sur un serveur centralisé au niveau européen. La redondance me paraît une bonne chose dans ce genre de cas.
Quand à Google, comme Colin me le disait, ils indexeront de toute manière les textes un fois qu’ils seront en ligne. Une collaboration entre ce projet et celui de Google serait une bonne chose, mais il ne faut pas trop rêver. J’espère juste qu’ils n’auront pas la mauvaise idée d’exclure les robots de Google…

Gregory Crewdson

Gregory-Crewdson
Entre les banlieues trop tranquilles de David Lynch et rencontre du troisième type : les photographies de Gregory Crewdson. Pour plus de détails sur l’auteur et ses images je vous renvoie à cette interview et ces deux articles.

I think I’ve mentioned that my father was a psychoanalyst, and he was always a very close inspiration for me, and I think it’s what accounts for the psychological nature of the work. That’s one thing. The other thing is that the setting of my work is the suburbs, or an imagined suburban landscape, and I’m originally from New York, I still live in New York, so I think that discrepancy presents the work with a sense of alien perspective, let’s say, or a sense of wonder.

Zen and the Art of Motorcycle Maintenance

Pirsig
J’ai décidé de garder une trace de mes lectures sur GG. Je ne me lance pas dans du retro-catalogage et je commence donc à partir du dernier livre que j’ai lu.
Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes est un roman philosophique écrit en 1974 par Robert M. Pirsig. On y suit un voyage à moto réalisé par l’auteur à travers les Etats-Unis avec son fils Chris et un couple d’amis. Ce voyage est le prétexte à un exposé, un chautauqua donné par Pirsig. L’auteur mélange philosophie et histoire de sa propre vie. On apprend qu’il sort d’un hôpital psychiatrique où son ancienne personnalité (qu’il nomme Phèdre) a été détruite à coups d’électrochocs. Dans son ancienne vie il était un professeur d’anglais et de rhétorique passionné de philosophie. Tout va basculer quand il va se lancer dans l’étude du concept de qualité. A la suite de ses recherches il met en place un système philosophique qui divise la pensée humaine en deux types : romantique et classique. Surtout, il voit en la qualité la force créatrice au cœur de toute chose et qui transcende la dualité traditionnelle entre sujet et objet. Cette quête de la qualité va l’entraîner dans la folie.
Au moment de son voyage, l’auteur est devenu rédacteur de manuels pour ordinateurs. C’est ici qu’entre en jeu l’entretien des motos. Pirsig est un technicien passionné de mécanique, un parangon de la pensée classique. Il veut nous faire comprendre l’importance de la connaissance de la technologie. Mais plus encore il veut faire le lien entre la pensée classique et la romantique. Et veut éliminer la crainte anti-technologique qui va souvent de pair avec la pensée romantique. Pour lui, le Bouddha se trouve au cœur de la moindre vis du moteur d’une moto ou d’un circuit d’ordinateur.
Au fil du livre on se rend compte qu’il veut surtout faire le pont entre Phèdre, son ancien moi romantique, et son nouveau moi classique. Réunies, les deux personnalités seront plus que la somme des parties.
A la suite de ce livre Pirsig a développé ses réflexions pour créer la métaphysique de la qualité. Je ne suis pas d’accord avec toutes ses idées, mais j’aime beaucoup sa philosophie sur le rapport avec la technologie. Le livre a eu beaucoup de succès à l’époque et continue à bien se vendre. Ses idées sur la technologie se retrouvent en filigrane dans la philosophie du net et de certains concepts informatiques. Je suis intimement persuadé qu’il y a un rapport.
Le livre est plus facile à lire qu’un ouvrage de philosophie mais moins qu’un roman classique. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille (comme souvent avec les objets importants de la culture contemporaine) d’aller jeter un coup d’œil sur la notice de Wikipedia. Ils reprennent des liens vers un site dédié à la métaphysique de la qualité et vers une collection de photos prises durant le voyage de Pirsig. Je vous rajoute le lien vers le livre sur amazon.com : il est toujours amusant de jeter un coup d’œil aux critiques des lecteurs. Les avis sont très tranchés, les gens adorent ou détestent. Et les avis négatifs sont souvent peu développés : les lecteurs se plaignent de ne rien avoir compris et expliquent que l’auteur doit être fou puisqu’il est passé par des séances d’électrochocs.
En fin de compte, je vous le conseille. Tout n’est pas bon, mais il se peut que vous trouviez le Bouddha entre deux explications sur le démontage d’un moteur.

Update (07/12/2006): voici une excellente interview avec Robert Pirsig.

Charles Fréger

Charles Freger
Charles Fréger est un portraitiste qui réalise des séries lumineuses et d’une froideur un peu étrange sur des majorettes, légionnaires, marins, etc.
Merci Eve.

vision on

Nostalgie quand tu nous tient. Dans cet article du Guardian, Simon Reynolds, l’auteur de Rip it up and Start Again: Postpunk 1978-1984 nous donne un avant goût de son livre. Il y rappelle cette époque foisonnante et déjantée de la pop post-punk anglaise.

Today we tend to think of post-punk as consisting entirely of angular agit-prop (like Gang of Four) or ominous angst (like Joy Division), partly because those groups have influenced the current spate of fashionable retro-post-punk outfits, from Bloc Party and Franz Ferdinand to Interpol and the Rapture. But it was also a great period for pure pop sensibility. Consider the geometric tautness and melodic concision of Wire’s Chairs Missing, the sweet shambles of Postcard groups like Orange Juice and Josef K. Then came the contagious exuberance of 2-Tone outfits such as the Specials, Madness, and the Beat; synthpop bands such as the Human League and Soft Cell with their fire-and-ice combination of cold, glistening electronics and hot, heartfelt passion; the bright, rejoicing melodiousness of Liverpool bands like Echo and the Bunnymen or the Teardrop Explodes (Julian Cope finally getting round to writing songs rather just talking about them in the Kirkland cafe). All this made the late Seventies and early Eighties a golden age for the seven-inch single, for radio, and for music TV.

Merci Colin.

remember kids

downloading-communism
J’ai toujours bien aimé cette image et cela faisait un certain temps que je n’étais plus tombé dessus. (Re)trouvée sur modern humorist.

LibLime

Une des raisons de la réticence des bibliothèques publiques vis-à-vis des SIGB open source est le manque de support. L’idée de se retrouver devant un système planté qui paralyse toute la bibliothèque et personne vers qui se tourner (et réclamer) est un frein majeur au passage vers les logiciels libres.
Des solutions intermédiaires se mettent en place. Des sociétés proposaient déjà un support payant pour Koha. Voici que maintenant, la société américaine LibLime vends et assure le support de sa propre version améliorée de Koha. Ils ont rajouté au fameux SIGB open source la correction automatique, un lien dans l’opac vers les pages de amazon.com et vers gutenberg.net et la possibilité de générer des fils RSS.
Comme pour linux et ses solutions payantes telle que suse, mandrake ou red hat, ce genre de versions commerciales des SIGB open source est peut être la voie vers le développement de ce type de programmes.

Chris Jordan

Chris-Jordan
De très jolis tas d’ordures et autres déchets divers photographiés par Chris Jordan.

annihilation totale

Voici une lecture indispensable pour tout savant fou ou super méchant de comic book en herbe : une analyse des techniques disponibles pour détruire la terre.
Si vous avez des envies de fin du monde mais que vous êtes paresseux, vous pouvez également attendre tranquillement en lisant les cas de figures qui risquent d’arriver. Le Guardian a demandé à dix scientifiques d’expliquer les scénarios plausibles de catastrophes majeures.
Mais, comme dans tout (mauvais) film de fin du monde, il y a une solution. Donc en cas de météore géant ou autre cas nécessitant de changer de place de parking, voici plusieurs techniques pour déplacer la terre.
PS j’avais déjà posté le premier lien via del.icio.us, mais ce genre de sujet capital nécessitait un post a lui tout seul.

new game journalism

Le terme new game journalism est une étiquette un peu fourre tout qui est utilisée à tort et à travers. Le phénomène derrière l’étiquette est par contre assez fascinant.
On a commencé à parler de new game journalism pour décrire les articles mélangeants reviews traditionnelles de jeux vidéo et anecdotes personnelles. Par la suite, le terme a été utilisé pour décrire tous les récits d’expériences personnelles en rapport avec les jeux vidéo. Il ne s’agit souvent plus de journalisme. Des gens racontent juste un événement de leur vie lié à un jeu vidéo.
Le fait est que je fais partie de la génération qui a grandit avec les jeux vidéo. Et les générations suivantes les ont toujours connus. Ils font partie de notre vie quotidienne. C’est donc normal qu’ils soient souvent liés a notre histoire personnelle et affective.
J’adore ce genre d’histoires. Elles sont variées et couvrent pas mal de thèmes. En voici quelques unes :

    The great scam : le long récit d’une arnaque dans l’univers de combats spatiaux du jeu massivement multi joueur Eve Online.
    Sex in Games: Rez+Vibrator : la découverte du plaisir des manettes vibrantes associées a un jeu psychédélique par la blogeuse de game girl advance.

Il y en a d’autres. Je vous ai juste indiqué celles sur lesquelles je suis tombé au fil du temps. Si le sujet vous intéresse je vous renvoie à cet article du guardian qui en parlait il y a quelque temps. Ils recensent des liens vers d’autres articles et histoires du genre.